Santé

Scintigraphie des genoux : 2 à 6 heures d’attente avant des images de 30 à 45 minutes

Maëlys Guerlac 8 min de lecture

Une scintigraphie des genoux est prescrite quand une douleur persiste, quand une radiographie ne suffit pas à expliquer les symptômes ou quand le médecin veut mieux comprendre l’activité osseuse autour de l’articulation. Cet examen de médecine nucléaire peut impressionner à cause du mot « radioactif », mais son déroulement est simple : injection, temps d’attente, images sous gamma-caméra, puis transmission des résultats au médecin prescripteur.

Ce que montre vraiment une scintigraphie osseuse du genou

La scintigraphie osseuse du genou est un examen d’imagerie nucléaire. Elle ne photographie pas seulement la forme de l’os, elle repère aussi les zones où l’activité osseuse change. Pour cela, un produit faiblement radioactif, appelé traceur radioactif, est injecté par voie veineuse. Le Technétium 99m est cité par l’Institut Harmonie Tours comme traceur utilisé dans ce type d’exploration.

Une fois dans l’organisme, le traceur se fixe davantage sur les tissus osseux abîmés, modifiés ou en activité métabolique plus importante. Une gamma-caméra détecte ensuite la radioactivité émise et produit des images interprétables par l’équipe médicale. L’objectif n’est donc pas seulement de voir le genou, mais de repérer des remaniements osseux qui peuvent passer inaperçus sur une radiographie classique.

Pourquoi l’examen peut être utile si la radiographie est normale

Une radiographie montre surtout les structures osseuses et certaines anomalies visibles sur l’image anatomique. La scintigraphie, elle, s’intéresse à la réaction de l’os. C’est ce qui la rend utile devant une douleur squelettique inexpliquée, une suspicion de fissure de fatigue, une blessure osseuse discrète ou une anomalie trop précoce pour être évidente sur une radiographie.

La différence est importante : une fixation augmentée ne signifie pas automatiquement une maladie grave. Elle indique une zone active qu’il faut confronter à l’examen clinique, à l’histoire de la douleur et, si besoin, à une IRM, un scanner ou une TDM. La scintigraphie apporte donc une information fonctionnelle, alors que la radiographie reste surtout anatomique.

Dans quels cas prescrit-on une scintigraphie des genoux ?

La prescription dépend du contexte médical. Le plus souvent, l’examen est demandé pour éclairer une douleur persistante, une gêne après traumatisme, une suspicion d’atteinte osseuse ou un doute diagnostique après d’autres examens. Il peut aussi être utilisé lorsque plusieurs causes sont possibles et que le médecin cherche à localiser précisément une zone d’activité osseuse anormale.

LIRE AUSSI  Tendinite sous le pied : 5 remèdes naturels pour soulager la douleur et remarcher sans gêne
  • Douleur persistante du genou : notamment lorsque la radiographie ne suffit pas à expliquer les symptômes.
  • Fissure de fatigue ou blessure osseuse : l’Institut Harmonie Tours évoque la détection de fissures de fatigue seulement deux heures après injection du traceur.
  • Arthrose : Elsan mentionne la scintigraphie osseuse parmi les examens pouvant contribuer au diagnostic de l’arthrose.
  • Infection : l’examen peut aider à rechercher une atteinte osseuse infectieuse, selon la situation clinique.
  • Prothèse du genou douloureuse : une infection de prothèse est citée par l’Institut Harmonie Tours comme indication possible.
  • Métastases osseuses : en contexte de cancer, la scintigraphie osseuse peut participer à la recherche d’atteintes osseuses à distance, comme l’explique Elsan.

Scintigraphie, IRM, scanner : des examens complémentaires

La scintigraphie ne remplace pas systématiquement l’IRM ou le scanner. Elle répond à une autre question. L’IRM analyse finement de nombreux tissus, notamment les tissus mous, tandis que la scintigraphie met en évidence l’activité osseuse. Le scanner ou la TDM peut compléter l’examen pour mieux localiser une lésion anatomique et la rapprocher des remaniements osseux visibles sur les images scintigraphiques.

Examen Ce qu’il apporte surtout Intérêt pour le genou
Radiographie Image anatomique de l’os et de l’articulation Premier bilan, arthrose visible, fracture évidente
Scintigraphie osseuse Activité métabolique osseuse et zones de fixation Douleur inexpliquée, fissure de fatigue, infection, prothèse
IRM Analyse détaillée de nombreux tissus Complément utile selon la question clinique posée
Scanner ou TDM Localisation anatomique précise Souvent utile en complément des images scintigraphiques

Déroulement de l’examen : injection, attente, images

La scintigraphie des genoux se déroule dans un service de médecine nucléaire. Le parcours suit généralement trois temps : l’injection du traceur, l’attente nécessaire à sa fixation dans l’os, puis la réalisation des images. L’examen n’est pas douloureux en dehors de la piqûre liée à l’injection intraveineuse.

Au moment de l’injection

Le produit radioactif est injecté par voie veineuse. Selon l’Hôpital Foch, 1 ou 2 clichés peuvent être réalisés au stade de l’injection, pour une durée de 10 à 15 min. Ce n’est pas systématique dans tous les protocoles : cela dépend de ce que le médecin recherche et de l’organisation du service.

LIRE AUSSI  Aponévrosite plantaire : quelle durée d'arrêt de travail selon votre métier ?

Après l’injection, il faut attendre que le traceur se fixe dans les structures osseuses. L’Hôpital Foch indique un délai de 2 à 6 heures. MNT37 mentionne environ 2h30 avant la réalisation des images osseuses. Dans certains établissements, il est possible de quitter temporairement le service pendant cette attente, si l’équipe l’autorise et vous donne une heure précise de retour.

Pendant les images

Les images sont réalisées en position couchée sur une table d’examen. La gamma-caméra ou le détecteur se déplace autour de vous ou au plus près du corps, sans vous toucher, comme le précise MNT37. Les images scintigraphiques durent généralement 30 à 45 minutes, durée également mentionnée par l’Hôpital Foch et MNT37.

L’immobilité est essentielle. Un mouvement peut créer du flou et rendre l’interprétation moins précise. Si vous avez mal au genou en position allongée, si vous avez du mal à rester immobile ou si vous êtes anxieux, signalez-le avant le début des images. L’équipe peut vous aider à vous installer plus confortablement.

Préparation et précautions : ce qu’il faut signaler

Dans la plupart des cas, aucune préparation alimentaire particulière n’est nécessaire. Il n’est généralement pas demandé d’être à jeun. L’Hôpital Foch précise aussi qu’il n’est pas nécessaire de modifier son traitement habituel, sauf consigne spécifique donnée par le médecin ou le service.

Avant le rendez-vous

Le plus important est d’apporter l’ordonnance, les anciens examens utiles et les comptes rendus disponibles : radiographies, IRM, scanner, bilan concernant une prothèse ou examens réalisés après un traumatisme. Ces éléments aident à interpréter les zones de fixation du traceur et à les relier à votre histoire médicale.

  • Signalez une grossesse, un retard de règles ou un projet de grossesse.
  • Signalez un allaitement avant l’injection.
  • Demandez si certains objets métalliques ou vêtements particuliers doivent être retirés avant les images.
  • Prévoyez le temps d’attente entre l’injection et les images dans votre organisation de journée.

Radioactivité, allaitement et entourage

Le produit utilisé est faiblement radioactif et la radioactivité résiduelle diminue avec le temps. Les consignes peuvent varier selon votre situation, mais l’hydratation est souvent recommandée pour favoriser l’élimination du produit non fixé. L’Hôpital Foch recommande de boire et de vider souvent la vessie pendant 3 à 4 heures après l’examen.

LIRE AUSSI  Dangers de la chrononutrition : pourquoi la rigidité alimentaire menace votre équilibre santé

En cas d’allaitement, la précaution est plus spécifique : selon l’Hôpital Foch, l’allaitement doit être interrompu pendant 4 heures après l’examen, avec du lait tiré et jeté pendant cette période. En cas de grossesse possible, de retard de règles ou de doute, il faut prévenir le service avant l’injection afin que l’indication soit réévaluée.

Résultats, prise en charge et suites après l’examen

Les images ne sont pas seulement « positives » ou « négatives ». Le médecin nucléaire analyse les zones de fixation, leur intensité, leur localisation et leur cohérence avec vos symptômes. Une fixation augmentée peut correspondre à plusieurs situations : arthrose active, réparation osseuse, traumatisme, infection, problème autour d’une prothèse ou autre remaniement. C’est pourquoi le résultat doit toujours être interprété avec le médecin prescripteur.

Les résultats sont généralement transmis au médecin qui a prescrit l’examen. Selon l’organisation du centre, un compte rendu peut aussi vous être remis ou envoyé. Si des acquisitions complémentaires sont réalisées avec une TDM ou un scanner, elles servent à mieux préciser la localisation anatomique des anomalies observées.

Côté coût, Elsan indique que la scintigraphie osseuse est entièrement prise en charge par l’Assurance maladie et la complémentaire santé. Des dépassements d’honoraires peuvent toutefois exister selon les établissements, avec devis préalable selon Elsan. Si vous avez un doute, contactez le service de médecine nucléaire avant le rendez-vous pour vérifier les modalités pratiques, administratives et financières.

Après l’examen, vous pouvez généralement reprendre vos activités habituelles, sauf consigne particulière. Le réflexe le plus utile reste simple : boire régulièrement, uriner souvent et conserver les consignes données par le service, notamment en cas d’allaitement ou de situation familiale nécessitant des précautions particulières.

Retour en haut